Les informations
traquées sur l’extérieur de l’entreprise
pourraient être trop nombreuses et en grande partie inutiles
(donc nuisibles) si elles ne faisaient pas l’objet d’une
sélection méthodique fondée sur des critères
précis et explicites. Dans notre méthode nous proposons
une sélection en deux phases cohérentes avec le
concept d’Intelligence Collective :
- une sélection individuelle, réalisée par
chacun des traqueurs ;
- une sélection collective, dans certaines circonstances
et selon certaines modalités.
Définition
du mot « sélection ».
La sélection des informations est l'opération qui
consiste à ne retenir, parmi les informations recueillies
ou se présentant à nous, que les seules informations
susceptibles d'intéresser les utilisateurs potentiels au
sein du périmètre VAS-IC. Cette opération
est cruciale : une absence de sélection conduit à
« trop d’informations » (information overload)
et à étouffer le processus VAS-IC, tandis qu’une
sélection trop restrictive appauvrit et assèche
le processus VAS-IC. De plus la sélection est l’occasion
au cours de laquelle s’effectue le passage, éventuel,
de la notion de signal ou de signe faible à la notion de
signe d’alerte précoce. L’opération
de sélection nécessite que l’on dispose d’une
méthode de travail.
Les
critères de sélection d’une information peuvent
être nombreux et divers. Les auteurs en fournissent de nombreux
exemples. Mais tous ne sont pas nécessairement adaptés
ni au concept VAS-IC, ni au contexte de l’entreprise dans
laquelle vous vous situez. Compte tenu de la définition que
nous avons donnée du concept VAS-IC, deux critères,
au moins, s’imposent : le caractère anticipatif de
l’information et la pertinence de celle-ci.
Caractère
anticipatif d’une information. Il s’agit de
reconnaître si l’information est anticipative, c'est-à-dire
si elle a un caractère anticipatif. Une information est anticipative
lorsque l’interprétation qui en est faite laisse entendre
qu’un événement pourrait plausiblement se produire
dans le futur, alors que cet événement est à
peine amorcé (ou même pas amorcé du tout) au
moment où est découverte l’information.
QUI
sélectionne l’information
Sélection
par le traqueur. Le traqueur est spontanément amené
à effectuer une sélection de l’information.
C’est lui qui est au premier contact avec celle-ci et qui
choisit de la rejeter ou bien au contraire, de la collecter. Trois
cas peuvent se produire :
- Il collecte et fait remonter une information sans grand intérêt.
Ce cas n’est pas trop grave : tout au plus se traduira-t-il
par un encombrement des circuits et contribuera à saturer
les utilisateurs potentiels des informations.
- Il rejette une information à tort et personne n’en
saura probablement rien. Ce cas est plus grave que le précédent
surtout si l’information se serait avérée très
utile pour un utilisateur potentiel.
- Il collecte et fait remonter une information qui s’avèrera
utile pour un utilisateur potentiel (ou plusieurs). C’est
le cas idéal.
On constate ainsi combien la formation du traqueur peut se révéler
lourde de conséquences heureuses et combien l’absence
de formation peut se révéler regrettable.
Notons cependant que le traqueur est relativement démuni
pour juger une information : il ne dispose que d’une vue partielle
des choses et doit agir en fonction de sa connaissance uniquement.
Cette remarque nous conduit au cas suivant.
Sélection
par le « gestionnaire des informations remontées ».
Appelons « gestionnaire des informations » la personne
qui reçoit les informations VAS-IC remontées par les
traqueurs et chargée de les stocker d’une façon
ou d’une autre. Cette personne est-elle en mesure de contribuer
à la sélection des informations qu’elle reçoit
?
- En un sens cette personne est peut être moins compétente
que le traqueur qui a collecté l’information : celui-ci
a peut-être de grandes connaissances sur le contenu de l’information
qui concerne son domaine. La personne qui reçoit des informations
de toute provenance n’est sans doute pas aussi compétente
sur le contenu. (Il faut mettre à part le cas où l’information
remontée serait reçue et stockée par l’expert
du domaine. Ce cas se rencontre dans certaines applications de Veille
Technologique et Scientifique).
- En sens contraire, cette personne a peut-être connaissance
et/ou accès à toutes les informations précédemment
remontées. Elle peut ainsi comparer une information nouvellement
remontée aux informations antérieures et décider
ainsi si la nouvelle information doit être conservée
ou bien rejetée.
Les deux sélections se complètent donc et sont toutes
deux utiles. En revanche elles ne contribuent en rien à l’émergence
et à la pérennisation d’une Intelligence Collective.
Cette constatation nous conduit à un troisième cas.
Sélection
collective des informations remontées. Dans ce troisième
cas, les informations remontées sont examinées collectivement
par un groupe de travail ad hoc qui examine les informations VAS-IC
déjà remontées. La sélection, étant
maintenant collective, prend appui :
- sur les informations antérieurement remontées ;
- sur les connaissances tacites des participants au groupe de travail
;
- sur les connaissances formelles, dans le cas où celles-ci
existent dans l’entreprise et sont facilement accessibles.
La sélection collective présentée ici est largement
recommandée dans la méthode L.E.SCAnning.
Elle présente de nombreux avantages en relation avec le développement
de l’apprentissage collectif inductif d’entreprise ainsi
qu’avec le développement d’une Intelligence Collective.
De plus elle est efficace pour augmenter la fiabilité des
informations VAS-IC. En revanche elle peut être perçue
comme étant coûteuse en temps de personnes expertes.
C’est pourquoi cette sélection collective sera préférée
de la part d’entreprises avant tout soucieuses d’une
utilisation efficace de l’information VAS-IC, utilisation
dans laquelle elles voient un atout compétitif déterminant.
Dans ce cas, le coût est un élément plutôt
secondaire.
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